Elections législatives au Japon : une victoire pour Shinzo Abe ?

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La coalition conservatrice a remporté, dimanche 22 octobre 2017, la majorité des sièges de la chambre basse du parlement nippon. Ces élections anticipées confirment la place du premier ministre japonais Shinzo Abe et ouvrent la voie vers des mesures contre la Corée du Nord.

La coalition conservatrice qui regroupe le Parti Libéral-démocrate (PLD) et le Komeïto, parti conservateur bouddhiste, a remporté 310 des 465 sièges de la chambre basse des représentants japonaise. Le PLD, parti du premier ministre, y voit « un vote de confiance ». Shinzo Abe est désormais quasi-certain d’être réélu en 2018. Les deux partis de l’opposition, le Parti de l’Espoir (PDE) de la gouverneure de Tokyo Yuriko Koike et le Parti démocrate (PDC) de Yukio Edano, ex-porte-parole du gouvernement, reçoivent respectivement 50 et 55 sièges. La victoire paraît grande pour le PLD mais ces élections marquent surtout le second taux de participation le plus bas depuis 1945, avec seulement 53,6% de votants. Ce chiffre peut être expliqué par la faible cote de popularité du premier ministre ébranlé par des scandales de trafic d’influence.

Une réforme constitutionnelle

Avec ces élections, le premier ministre semble avoir atteint son but : renforcer sa majorité pour la mise en place d’une réforme constitutionnelle. Après le survol du pays par deux missiles nord-coréens en septembre dernier, Shinzo Abe entend modifier l’article IX de la constitution japonaise, stipulant que « le pays ne doit pas entretenir de force militaire sur son territoire ». Cet amendement lui permettrait notamment d’inscrire officiellement l’existence des forces d’autodéfenses (FAD).

Le dialogue pacifique semblant impossible entre les deux pays, cette élection donne surtout une légitimité au premier ministre pour des actions plus radicales envers la Corée du nord. Sa coalition regroupant plus de 2/3 des sièges des deux chambres parlementaires, Shinzo Abe semble avoir peu de soucis à se faire. Sans compter que, d’après le quotidien japonais Tokyo Shimbun, 80% des députés seraient favorables à un amendement de la constitution.

Il est pourtant trop tôt pour statuer sur la fin du pacifisme japonais. Le système politique oblige un référendum en cas d’approbation du parlement. Et pour le moment, la prise de position de Shinzo Abe est loin de faire l’unanimité auprès du peuple nippon.

Un point sur le système politique japonais :

Le parlement national, la « diète » japonaise se compose de deux chambres :

  • La Chambre basse dite « chambre des représentants », renouvelée tous les quatre ans. Son nombre de sièges oscille entre 300 et plus de 500 membres. Elle vote les lois, les traités et ainsi que le budget conjointement à la chambre haute. En cas de désaccord, elle se garde la décision finale.

  • La chambre haute, dite « chambre des conseillers » qui regroupe 242 sièges. Cette dernière ressemble à notre sénat français, à la différence que ses « conseillers » sont élus, comme les représentants, par suffrage universel direct.

Ce parlement japonais est assez instable en raison des tensions politiques. Le pouvoir a connu peu de transitions depuis la Constitution japonaise de 1947. De grandes dynasties se sont donc emparés du pouvoir, au niveau national comme au niveau régional et local. Le renouvellement de la classe dirigeante ne se fait pas. Le parti libéral-démocrate a pratiquement toujours gouverné les deux chambres : en 62 ans d’existence, il n’a été dans l’opposition que pendant quatre ans. A ces tensions politiques s’ajoutent des tensions historiques datant de la seconde guerre mondiale. Le débat sur le pacifisme japonais est d’autant plus virulent lors de crises diplomatiques comme celle actuelle avec la Corée du Nord.

Et pour en savoir encore un peu plus sur le système politique japonais, c’est ici :

Emilie Julien

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