Flandre : la Catalogne belge ?

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A l’heure où la Catalogne fait parler d’elle, le TDMA s’est penché sur le nationalisme flamand. Enjeu majeur en Belgique, il est de nouveau sur le devant de la scène depuis que le pays accueille Carles Puigdemont, le président catalan exilé, mettant le gouvernement belge dans une situation délicate. 

Carles Puigdemont est en visite à Bruxelles. Destitué par Madrid, il est arrivé dans la capitale belge lundi matin, ce qui a donné lieu à de nombreuses rumeurs. D’aucuns l’accusent de vouloir se soustraire à la justice espagnole ou encore d’avoir été invité par le parti nationaliste flamand. Le président de la Catalogne a donc tenu une conférence de presse ce mardi à Bruxelles, au Club de la Presse. Marie Genries et Alexandra Poupon y étaient.

Un nationalisme croissant

Au nord de la Belgique, la Flandre, région néerlandophone prospère qui compose avec les régions Bruxelles-Capitale et la Wallonie la Belgique. Depuis plusieurs années, elle a obtenu de plus en plus de prérogatives et une partie de ses habitants souhaitent in fine son indépendance vis-à-vis du pouvoir central.

La Nouvelle alliance flamande (N-VA), aussi appelée Alliance néo-flamande, dirigée par Bart De Wever – tiraillé entre sa participation au pouvoir fédéral belge et son souhait de dissocier la Flandre de la Belgique- est l’incarnation politique du nationalisme flamand. Et le mouvement n’a cessé de prendre de l’ampleur ces dernières années. En 2014, il devient le premier parti belge lors des elections legislatives et prend les rênes du gouvernement fédéral du premier ministre francophone Charles Michel.

Petit rappel géographique. Les trois régions belges: la Flandre, Bruxelles-Capitale et la Wallonie.

 

Partisane de la création d’une République flamande, la N-VA entend relancer la marche vers l’autonomie en 2019. D’ailleurs, sur la question de l’indépendance catalane, Geert Bourgeois, ministre-président indépendantiste de la Flandre, a enjoint Madrid à « stopper la violence » et à dialoguer avec « les dirigeants légitimes d’un peuple pacifique ».

La lutte, ces dernières semaines, pour l’indépendance de la Catalogne en Espagne fait bouger les lignes au niveau des pays européens.

La Belgique sur le devant de la scène

Le gouvernement de Charles Michel doit faire face à une drôle de situation. Il doit à la fois gérer l’asile du président catalan à Bruxelles, tout en ne montrant aucune prise de position. Et c’est là tout le problème : le gouvernement belge, parfois taxé de « schizophrène »,  se retrouve à composer entre le maintien d’une ligne propre aux pays européens – celle du soutient à Madrid –  et les prises de position indépendantistes.

Membres du gouvernement fédéral belge, qui soutient la position de Madrid donc, les nationalistes de la N-VA sont pourtant favorables à l’indépendance de la Catalogne. Dans une interview accordée à L’Echo le 4 novembre dernier, le député fédéral Kristof Calvo affirme en outre que« (…) la N-VA n’a pas le courage de ses opinions, elle n’a pas le courage des indépendantistes catalans qui, eux, osent poser la question de l’indépendance de la Catalogne au peuple catalan »

 

Edith Rousselot 

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