Megan Coffee, wonderdoctor

Maya Baldoureaux

Megan Coffee est spécialiste des maladies infectieuses. Elle s’est fait connaitre lors de son intervention lors du tremblement de terre de 2010 à Haïti. Portrait d’une femme d’exception.

Diplômée de chimie à Harvard, Megan Coffee intègre ensuite la tout aussi prestigieuse université d’Oxford où elle est diplômée en modélisation mathématique des épidémies. Sa thèse porte sur la diffusion du VIH dans le sud de l’Afrique. Elle étudie la médecine en parallèle. L’un de ses directeurs de formation est le Docteur Paul Farmer, qui a fondé l’organisation internationale de santé « Partners in Health »

C’est grâce à ses recherches sur le sida qu’elle se fait connaitre dans le milieu médical, à l’échelle internationale. C’est alors qu’elle se passionne pour les maladies infectieuses et obtient un poste d’enseignant-chercheur en Californie.

Au secours d’Haïti

Le 12 Janvier 2010 à 4h53 heure locale, un séisme de magnitude 7 frappe Haïti. On estime le nombre de victime entre 135 000 et 180 000 personnes. De nombreuses cliniques et hôpitaux sont également détruits, provoquant un énorme manque dans la prise en charge médicale de centaines de milliers de blessés.

C’est à la suite de cet évènement que Megan Coffee abandonne son poste pour se rendre sur place. Or, la plupart des médecins étrangers sont des médecins généralistes ou des chirurgiens, ils sont très peu à être spécialisés en maladies infectieuses.

Megan Coffee, elle, est préparée. Dès son arrivée, elle établit une tente spécialement dédiée aux malades de la tuberculose afin de stopper l’épidémie. La première tente ne compte que trois patients. En quatre ans, elle s’est transformée en clinique, ayant traité environ 4 500 patients.

Une fois le problème identifié, elle aurait pu déléguer les soins et rentrer chez elle, mais elle décide de rester. Travaillant 12 heures par jour et 7 jours sur 7, Megan Coffee ne reçoit pas d’argent de ses patients et ne s’accorde que quelques jours par an pour se reposer. Cette situation dure plus d’un an. Ses patients sont devenus ses « frères et sœurs » et Haïti, sa nouvelle maison.

Campement de réfugiés vu du ciel

« Petite maison », grands espoirs

La clinique s’appelle Ti Kay, « petite maison » en créole haïtien. La reconstruction a forcé la clinique à fermer en 2014. Un hôpital local met aujourd’hui à disposition un peu d’espace pour permettre à Ti Kay de continuer à soigner les patients. En tant qu’association à but non lucratif, la clinique cherche actuellement à lever des fonds pour permettre le soin des patients ainsi que la construction d’un établissement. En plus de soigner, elle entraine et forme les haïtiens au métier d’infirmier.e, à la saisie de données médicales et autres professions de la santé.

La plupart des personnes enseignant aujourd’hui la médecine au sein de la clinique ont été les patients de Ti Kay ou sont des membres de la famille d’anciens patients. Ils sont tous bénévoles.

Wonderwoman or not ?

Qu’est ce qui fait d’elle une wonderwoman? Premièrement, le fait qu’elle soit une femme médecin reconnue mondialement (par des confrères essentiellement masculins). Ensuite, parce qu’au lieu de rester à son poste d’enseignant-chercheur sous le soleil de Californie, elle a préféré partir en zone sinistrée pour sauver des vies.

Non seulement elle a fait partie des rares femmes médecin à s’être rendues sur place, mais en plus elle est restée jusqu’à ce que l’épidémie soit terminée et même bien après puisqu’elle vit encore là bas. Enfin, lorsque son argent n’a plus suffit à financer la campagne contre la tuberculose, elle a mis en œuvre un programme de dons.

Pour réécouter Wonderwoman, c’est ici:

1 commentaire sur “Megan Coffee, wonderdoctor”

  1. Extraordinaire. Vous devriez utiliser votre « reach » pour l’aider. Aidez cette femme remarquable et son objectif humanitaire.

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