Quelle place pour les énergies renouvelables dans le monde ?

Marion Fontaine

Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne, a publié jeudi 25 janvier son rapport annuel sur la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie des États membres. L’occasion de faire le point sur les énergies vertes en Europe et dans le reste du monde. 

Sans surprises, les pays nordiques sont les leaders européens en matière d’énergie renouvelable. La Suède affiche la plus forte part d’énergie verte dans l’Union européenne, qui alimente 53% de sa consommation totale d’énergie. Arrivent en deuxième et troisième positions la Finlande et la Lettonie, qui utilisent près de 40% d’énergie renouvelable.

Quelles sont les attentes de l’Union européenne en matière d’énergie renouvelable ? 

Inscrit dans le cadre de la stratégie « Europe 2020 », l’objectif de l’UE est d’atteindre 20% de part d’énergie renouvelable d’ici à 2020. En 2016, cette part était de 17%, soit la double de son niveau en 2004 (8,5%). Elle a augmenté de 0,3% en un an, et devra atteindre 27% à l’horizon 2030.

Onze États membres ont déjà atteint leur objectif affiché pour 2020 : la Suède (qui se base sur son parc nucléaire pour faciliter sa transition), la Finlande, le Danemark, l’Estonie, la Lituanie mais aussi la Croatie, la Roumanie, la Bulgarie, l’Italie, la République Tchèque et la Hongrie.

En bas du classement, les Pays-Bas affichent un taux d’énergie verte de 6% en 2016 pour un objectif de 14% en 2020. Le Luxembourg, le Royaume-Uni, l’Irlande et Malte enregistrent eux-aussi les plus faibles proportions d’énergies renouvelables et sont très éloignés de leurs objectifs.

 Et en dehors de l’Union Européenne ?

En Islande, les geysers témoignent de la puissance de l’énergie géothermique. Photo : Marion Fontaine

L’Islande se place en pionnier en matière d’énergie verte : c’est le seul pays au monde qui peut se targuer d’avoir une électricité 100% renouvelable. Placée sur une faille tectonique qui la déchire en deux, la petite île jouit d’une importante activité géothermique qui, couplée à l’énergie hydraulique, fournit plus de deux-tiers de sa consommation énergétique.

En Afrique, l’Éthiopie est le leader continental. Contrairement à ses voisins, le pays ne dispose pas de ressources fossiles et mise donc sur l’énergie verte pour développer son économie, notamment grâce à des barrages hydroélectriques sur le Nil.

D’autres pays comme le Costa Rica tendent vers l’autosuffisance énergétique d’ici 2030. Le petit pays d’Amérique centrale parvient déjà à être indépendant 10 mois par an, grâce à l’énergie géothermique et hydraulique qui représentent 98% de l’énergie totale consommée.

Il faut néanmoins nuancer ces chiffres et garder à l’esprit qu’énergie renouvelable ne veut pas pour autant dire neutralité carbone.
Si deux-tiers de l’énergie norvégienne est renouvelable, la Norvège est le troisième exportateur de gaz naturel et le treizième producteur de pétrole au monde : ces activités hautement polluantes la classent au rang de septième exportateur d’émission de gaz à effet de serre. Le pays scandinave s’est d’ailleurs fixé comme objectif de devenir neutre en carbone d’ici 2030.

Les efforts de la Chine 

Paradoxalement, même si la Chine est le premier producteur de gaz à effet de serre avec 30% des émissions mondiales, elle est aussi le premier investisseur dans les énergies renouvelables. Dans les années à venir, la deuxième puissance économique mondiale deviendra un leader dans la lutte contre le réchauffement climatique. Rien qu’en 2016, 40% des nouvelles capacités de production d’énergie verte dans le monde ont été réalisées en Chine.

Le pays mise beaucoup sur l’énergie solaire : grâce aux généreuses subventions du gouvernement pour le développement de centrales solaires, il est le premier producteur de panneaux photovoltaïques et d’énergie solaire au monde. Pour le premier semestre de 2016 seulement, environ 20 gigawatts de panneaux solaires ont été installés. Une capacité de production qu’espère obtenir la France d’ici 2020.

Ferme solaire à Dunhuang, au nord de la Chine, en 2013

La France à la traîne

Conjointement à l’Irlande et aux Pays-Bas, la France est l’un des pays membres les plus éloignés des objectifs de l’UE, avec actuellement 16% de part d’énergie renouvelable.
Le pays s’appuie encore beaucoup sur son parc nucléaire, comme le prouve le renoncement à la loi de transition énergétique, qui devait réduire de 75% à 50% la part d’électricité d’origine nucléaire d’ici 2025.

Selon Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, une diminution trop rapide de la part d’énergie atomique serait néfaste car elle contraindrait à recourir aux énergies fossiles pour compenser le parc nucléaire.
Néanmoins, les rejets de CO2 de la France sont bien moindres que ceux d’autres pays européens, comme l’Espagne, l’Irlande ou la Suisse par exemple.

Laisser un commentaire